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Dans ce blog je parlerai de politique mais aussi de tout ce que j'aime (littérature, musique, sports...). N'hésitez pas à laisser vos commentaires, à partager avec moi et les autres visiteurs de se site vos avis ! ! !

27 Nov

Ma République se meurt de Jeannette BOUGRAB

Publié par Araveg

 

Jeannette Bougrab est une femme insoumise. Athée dans une famille de musulmans, fille d'ouvriers immigrés devenue maître des requêtes au Conseil d'Etat, ministre passionnée dans un gouvernement conformiste, elle a transgressé les règles pour honorer celle à qui elle doit tout : la République française. Mais que sont devenus nos institutions et nos principes fondamentaux dans une société où règnent les inégalités et les discriminations, où le communautarisme religieux menace, et où la laïcité, l'école et l'armée, sont en danger ?
En nous entraînant dans les coulisses du pouvoir, elle nous donne à voir l'envers d'une France fissurée. Analyse d'une société fragile, confessions d'une femme atypique, ce témoignage est surtout un manifeste où le politique retrouve un visage humain.

 

 

Extrait :

 

 

"Mes parents rejetaient viscéralement certains rituels de l’islam. Ils étaient notamment fermement hostiles à la pratique du ramadan pour leurs enfants. Ce mois de jeûne symbolise pour les musulmans la révélation du Coran. Mon père et ma mère craignaient que la fatigue et l’étourdissement ne nuisent à mes résultats scolaires. Je les ai toujours trouvés exemplaires sur ce plan car ils ont constamment privilégié mon éducation et ma réussite scolaire face aux croyances et rituels. Pourtant ma famille vient du fin fond des montagnes de Blida, et mes parents ne savent ni lire ni écrire. Mais ils incarnent mieux que quiconque l’image que l’on peut se faire de l’esprit des Lumières teinté de tolérance.

On est loin de la polémique de juillet 2012 dans laquelle la mairie de Gennevilliers, pour la sécurité des enfants, avait suspendu quatre moniteurs de colonies de vacances qui faisaient le ramadan. Cette décision, qui fut annulée quelques jours plus tard devant les protestations des habitants musulmans de la commune, était pourtant motivée par des raisons d’ordre public. L’année précédente, une jeune animatrice qui conduisait un bus, étourdie par le jeûne imposé par le ramadan, avait eu un accident. Plusieurs enfants avaient été hospitalisés. On peut légitimement comprendre les raisons qui ont poussé la ville et son maire communiste, Jacques Bourgoin, à agir ainsi en restreignant la liberté cultuelle. Mais le parti de Marx s’est incliné devant l’opium du peuple : la religion. Accepteriez-vous d’être opéré à cœur ouvert par un chirurgien qui en est à son quinzième jour de jeûne, et qui ne s’est pas alimenté ou hydraté depuis la veille au soir ? J’en doute. Pourquoi alors confier des enfants à des personnes qui ne disposaient pas physiquement de l’ensemble de leurs moyens en raison du jeûne qu’ils suivaient ?

Pendant des dizaines d’années, le ramadan n’a pas posé de problèmes en France. Les ouvriers comme mon père prenaient généralement leurs congés pendant cette période pour ne pas perturber le fonctionnement de l’usine. Aujourd’hui, la pratique du culte devrait primer sur tout, et les autres principes tels que l’égalité ou la laïcité devraient s’effacer. On exige que la société s’organise autour d’elle. Dans des écoles, notamment en banlieue comme à Montfermeil, des gamins de parfois moins de dix ans font le ramadan alors que le texte coranique ne l’impose pas pour les enfants. Vous voyez même apparaître une censure sociale mise en place par des individus qui agressent ceux qui ne jeûnent pas. Des hommes viennent frapper à la porte des appartements à l’heure des repas pour vérifier que tous respectent le rite. En milieu carcéral, c’est pire. Une forme de terreur règne. À Marseille, ville métissée, ayant pour icône un joueur de football kabyle, Zinedine Zidane, un restaurateur d’origine égyptienne âgé de plus de 60 ans s’est fait sauvagement agressé car son commerce était ouvert pendant le ramadan.

Tous ces actes de violence vont à l’encontre de ce que représente l’islam et de la philosophie qui entoure cette période de jeûne. La radicalisation de l’islam est bien là, en France. Ailleurs la situation est pire, certes. Ne pas faire le ramadan relève du pénal. Des personnes sont jetées en prison parce qu’elles sont prises en flagrant délit en train de boire ou de manger. Pour avoir dégusté un casse-croûte sur un chantier en plein mois du ramadan en août 2010, deux hommes de confession chrétienne ont été poursuivis devant le tribunal de Aïn El Hammam par la justice algérienne. Le procureur, dans cette affaire loin d’être isolée, particulièrement dans la région de la rebelle Kabylie, ne requérait pas moins de trois ans de prison ferme pour atteinte à l’ordre public et à la religion. Alors que se terminait le ramadan en août dernier, un jeune Marocain a été moins chanceux. Il a été condamné, sur le fondement de l’article 222 du code pénal marocain, à trois mois de prison ferme. Cet article des plus surprenant dispose : « Tout individu notoirement connu pour son appartenance à l’islam qui rompt ostensiblement le jeûne dans un lieu public est passible de un à six mois de prison et d’une amende. » Chaque année, dans le royaume chérifien, des dizaines de rebelles sont arrêtés et condamnés à de la prison ferme parce qu’ils n’ont pas respecté le jeûne du ramadan.

Les athées, les chrétiens et les autres ont désormais du souci à se faire dans le monde arabo-musulman de moins en moins tolérant. On a le sentiment que la modernité sociale n’arrive pas à se greffer dans ces États. Le dogme religieux est de plus en plus présent." 

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V
très bonne vision de la France ,cette femme est clairvoyante
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