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Dans ce blog je parlerai de politique mais aussi de tout ce que j'aime (littérature, musique, sports...). N'hésitez pas à laisser vos commentaires, à partager avec moi et les autres visiteurs de se site vos avis ! ! !

06 Nov

Henri Martin ou le français qui défendit l'Indochine face à l'oppresseur français

Publié par Araveg

 

 
Henri Martin, militant du Parti communiste français, alors marin, est envoyé en Indochine française, sur l'aviso Chevreuil, en 1945. Il pensait lutter contre l'occupant japonais, mais celui-ci est déjà désarmé, et il assiste au bombardement d'Haïphong par la marine française, le 23 novembre 1946. Il veut démissionner, mais sa démission est refusée, et il retourne à Toulon.
 
Là, en liaison avec les communistes du Var, il commence un travail de propagande à l'arsenal de Toulon et distribue des tracts invitant les marins à réclamer la cessation des hostilités en Indochine. Il est arrêté par la police militaire le 14 mars 1950.
 
Le procès s’ouvre à Toulon le 17 octobre 1950. Il est accusé avec un autre marin de complicité de sabotage et de participation à une entreprise de démoralisation de l’armée par distribution de tracts. Ses défenseurs sont l’avocat communiste toulonnais, Dominique Scarbonchi, et l’avocat communiste du Secours populaire, Paul Vienney.
 
Il est reconnu coupable du premier chef d'inculpation mais non du second (il était pourtant jugé par un tribunal militaire). Il est condamné par le tribunal maritime de Brest, le 20 octobre, à cinq ans de réclusion pour propagande hostile à la guerre d'Indochine.
 
L'appartenance d'Henri Martin au mouvement communiste, bien que non publique, ne fait guère de doute aux yeux des enquêteurs. À cette époque, un certain nombre de jeunes militants sont emprisonnés pour des actions illégales contre la guerre d'Indochine, telle la jeune Raymonde Dien, mais l'affaire Henri Martin sort du lot en raison de la disproportion entre une simple activité politique, certes contraire au règlement militaire, et la condamnation à cinq années de réclusion.
 
Henri Martin devient alors le symbole de la « lutte du peuple français contre la sale guerre d'Indochine ». Des comités de défense se forment, à l'initiative du Parti communiste français et de personnalités du monde politique ou intellectuel : Jean-Marie Domenach et la revue Esprit, Jean Cocteau, Jean-Paul Sartre qui publie, fin 1953, le livre L'Affaire Henri Martin. La campagne contre sa condamnation est d'une grande ampleur : meetings, débrayages, brochures à grand tirage. Le jugement est cassé le 19 mai 1951 puis confirmé le 19 juillet suivant. Marié à la prison de Melun à la fin de l'année, Henri Martin n'est libéré que le 2 août 1953.
 

 

 
Philippe Robrieux a écrit que les proportions qu'avait prise l'affaire Henri Martin au sein du Parti évoquent l'affaire Dreyfus. Un documentaire de 48 min sur DVD réalisé par Raymond Mourlon en 2007 retrace cette affaire.
 

 

Après sa libération, Henri Martin poursuit une carrière de permanent au sein du Parti communiste. Très vite il est promu à la direction de l'Union de la jeunesse républicaine de France. En 1957, il est invité au Festival mondial de la jeunesse et des étudiants à Moscou, et dépose au mausolée de Lénine, avec le jeune André Senik, la couronne de fleurs de l'Union des étudiants communistes et du PCF.
 
Il devient ensuite membre suppléant, puis titulaire, du comité central du PCF au XVIIe Congrès en mai 1964. Il est ensuite directeur de l'École centrale du Parti et membre du secrétariat de Jacques Duclos au moment de l'élection présidentielle de 1969. En 1982, il est toujours membre du Comité Central.
 
Il est mort le 17 février 2015 à 88 ans.

 

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