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Dans ce blog je parlerai de politique mais aussi de tout ce que j'aime (littérature, musique, sports...). N'hésitez pas à laisser vos commentaires, à partager avec moi et les autres visiteurs de se site vos avis ! ! !

11 Apr

Raymond Aubrac, l'optimisme pour résistance

Publié par Araveg

11 jours après Lise London, une autre figure de la résistance tire sa révérence : Raymond Aubrac.

Co-fondateur du mouvement "Libération Sud", Raymond Aubrac était le dernier survivant des chefs de la Résistance réunis et arrêtés en juin 1943 à Caluire (Rhône) avec le chef du Conseil national de la Résistance (CNR). Sa femme Lucie Aubrac, elle aussi héroïne de la Résistance, est morte en 2007 à l'âge de 92 ans.

En 1947 et 1950, il avait été témoin à charge lors des deux procès du résistant René Hardy (décédé en 1987), accusé d'avoir livré Jean Moulin à la Gestapo et acquitté au bénéfice du doute.

Né le jour de l'assassinat de Jean Jaurès, le 31 juillet 1914, juste avant le début de la Première Guerre mondiale dans une famille de commerçants juifs de Vesoul, de son vrai nom Raymond Samuel, Raymond Aubrac était resté un citoyen très actif, marqué à gauche, se rendant pendant des années dans les collèges et les lycées en compagnie de sa femme pour témoigner et raconter la Résistance. "Je ne supporte pas la solitude après 67 ans de vie commune. Alors quand je me suis retrouvé seul, j'ai été heureux d'avoir des invitations de scolaires qui me donnaient le sentiment d'être encore un peu dans la vie", expliquait en 2010 Raymond Aubrac à TV Tours lors de l'inauguration d'un établissement portant son nom dans cette ville.

Il lui était alors demandé ce qu'était résister : "Surveiller ce qui se passe, essayer de comprendre ce qui se passe dans la société qui nous entoure. Et quand on a le sentiment qu'on est devant une injustice, réagir à l'injustice et ne pas se contenter de la constater mais essayer de faire quelque chose. Pour moi c'est ça la Résistance, ça couvre des petits gestes et aussi quelques aventures."

Un temps compagnon de route du parti communiste, il avait été ovationné en février 2008 après un discours défendant la laïcité, lors du meeting de campagne de Bertrand Delanoë (PS) pour les municipales.

Grand Croix de la Légion d'honneur, Croix de guerre 39-45, rosette de la Résistance, Raymond Aubrac avait publié en 1996 son autobiographie, "Où la mémoire s'attarde". Cet ingénieur civil des Ponts et Chaussées s'est engagé dès 1940 dans la Résistance avec Lucie, et est devenu attaché à l'état-major de l'Armée secrète. Arrêté le 21 juin 1943 à Caluire, emprisonné à Montluc, Raymond Aubrac et quatorze résistants sont libérés grâce à un intrépide raid de commando monté par Lucie, qui entrera dans la légende de la Résistance.

Recherché par la Gestapo, le couple est parti pour Londres, puis Raymond a gagné Alger, où il est devenu délégué à l'Assemblée consultative en juin 1944. A la Libération, il est devenu commissaire régional de la République à Marseille, responsable du déminage du littoral, puis inspecteur général à la Reconstruction. En 1948, alors compagnon de route du PCF, il a renoncé à une carrière de haut fonctionnaire pour fonder le Bureau d'études et de recherches pour l'industrie moderne (BERIM), spécialisé dans le commerce avec les pays communistes, qu'il a dirigé pendant dix ans.

La société française a si bien réussie à expulser de son champ et de son système de valeur toute forme de violence, y compris verbale (dites un mot politiquement incorrect, vous vous retrouvez poursuivi en justice par un quelconque lobby) qu'elle n'a pas d'autre solution pour en célébrer les figures que d'attendre qu'un vieil homme comme Raymond Aubrac meurt pour le faire.
Car enfin, la lutte armée menée par la Résistance n'avait rien d'un jeu d'enfants. La violence pendant la guerre et au cours des années qui suivirent était une réalité. Les communistes en sont sortis armés jusqu'aux dents et auraient pu faire le coup de main pour s'emparer du pouvoir avec l'aide des soviétiques.
Mais de cela on ne fera pas allusion. Les jeunes générations que l'on prétend instruire sont bien incapables vivant dans le virtuel en permanence de se représenter le réel de cette époque.
Monsieur Aubrac était un homme de bien, un héros positif, un vestige vivant du courrage et de la fidélité.
Bref, une figure qui, en ce début de XXIème siècle, parait dérisoire, tant toutes les formes de violence sauvages, spontanées, historiques ou politiques ont été asphyxiées ou neutralisées.
De la même façon que toutes les formes de liberté concrètes morales et politiques ont été, elles, résorbées par la seule liberté qui subsiste, celle du marché, des valeurs du marché.
Il n'est qu'à voir comment les médias sont à l'heure qu'il est, en train d'exterminer la signification profonde de l'engagement d'un Raymond Aubrac, pour en faire une figure non pas historique, mais mythique. Même Sarkozi l'a récupéré comme il a récupéré Guy Moquet...

 

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